Edito du maire

Mariage pour tous

J’ai reçu récemment un courrier d’un habitant de notre commune m’invitant à relayer sa position sur le projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples composés de personnes de même sexe. Je ne le ferai pas, n’étant pas, sur le sujet, le porte-parole d’opinions contradictoires qui pourraient s’exprimer au sein de la population. Mais au-delà de ces considérations, cette interpellation m’amène à formuler deux réflexions. 

Premier point : en tant que premier magistrat, j’appliquerai dans toute sa dimension et par devoir républicain le texte tel qu’il a été voté ou tel qu’il sera voté en deuxième lecture par l’Assemblée nationale. Ma liberté de conscience trouve ses limites dans le respect de nos institutions, du vote de nos représentants et du bon fonctionnement démocratique de notre pays.

Pour autant, et c’est le deuxième point, je regrette l’absence de débat transcendant l’ensemble des composantes de notre société. À titre d’exemple, en 2011, la loi sur la bioéthique avait montré le chemin avec une sollicitation pendant plusieurs mois d’avis contradictoires, d’échanges citoyens, de consultation d’experts, et un vote final apaisé, après trois ans de concertation, par l’Assemblée et le Sénat. Tel ne fut pas le cas pour la loi sur le mariage pour tous et, encore une fois, je le regrette. Je note toutefois avec satisfaction l’engagement de quelques parlementaires sur le sujet. Grâce à eux, un débat certes réducteur car limité à l’Assemblée et au Sénat, mais incisif et détaillé, a pu s’organiser. Ce manque de partage d’une réflexion menée collectivement devant prendre le temps de la maturation est certainement une des causes des fortes mobilisations populaires constatées ces dernières semaines. Ceci d’autant plus que le sujet est complexe, sensible voire déstabilisant. 

À l’inverse, le temps est compté pour trouver des solutions rapides à la crise économique, au chômage, à la baisse du pouvoir d’achat… Je pense que toute notre énergie devrait se tourner vers la résolution de ces difficultés. Dans ce contexte, la recherche d’un minimum d’unité nationale m’apparait vitale et la mise en oeuvre de réformes sociétales divisant notre pays ne me semble ni urgente, ni prioritaire, voire déplacée.